ASSOCIATION FRANÇOIS - COMITE FRANÇOIS


L'ASSOCIATION FRANÇOIS VEUT CONNAÎTRE LA VÉRITÉ SUR LA CAUSE ET LES CIRCONSTANCES DU DÉCÈS DE FRANÇOIS THERRIÉ-FLAUX 

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Résumé  chronologique

Anomalies de l'enquête et de la procédure

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Les anomalies de la procédure  

- L’enquête initiale du commissariat de Dammarie-les-Lys, menée du moment de la découverte du corps le mardi 27 mai vers 18h30 au lundi après midi 1er juin, conclut à un suicide. L’affaire est classée le 4 septembre 1997.

La famille porte alors plainte pour homicide et se constitue partie civile. 

Complément d'enquête (mars - mai 1998): Sur commission rogatoire du juge d'Evry concerné par les affaires de drogue au lycée de Montgeron, le lieutenant Leblond du commissariat de Montgeron est chargé de trouver un lien éventuel entre la mort de François et un important trafic de cannabis ayant conduit à l’interpellation de 9 élèves  à l’intérieur du lycée, la veille  de sa disparition. 

Le même enquêteur du commissariat de Montgeron doit continuer les recherches  sur  les causes de la mort de François.   

-  2e Enquête (octobre - décembre 1999) : A la demande de la famille formulée auprès du juge, le SRPJ de Versailles reprend l’enquête, deux ans après le décès de François. Les policiers déclarent aux parents qu'il est très regrettable que la première enquête ait été mal conduite, mais qu'ils sont partis de ce qui avait déjà été fait. Dans la conclusion de leur rapport, ils déclarent que l’enquête initiale et les  recherches complémentaires ont été bien menées, et n’en relèvent pas les anomalies. 

POURQUOI LES PARENTS ET L’ASSOCIATION FRANCOIS REFUSENT LES “ CONCLUSIONS ” DES ENQUÊTEURS

  I - LES FAITS INEXPLIQUÉS:   

1) Lieu de la découverte

- Lieu inconnu de la famille, isolé mais facile d’accès en voiture, à 40 Km de la maison. Le corps, retrouvé près de la voie ferrée, se trouvait le long d'un chemin de service à environ 400m d'un passage à niveau.

- Existence d'un chemin carrossable marqué sur la carte IGN de 1997 permettant de se rapprocher  en voiture de l'endroit où le corps a été retrouvé.

L'entrée en a été fermée par du fil de fer immédiatement après le drame, et ce secteur de la forêt a été clos. En 1997, un véhicule pouvait y passer facilement.  Bernard et Mireille y ont remarqué des empreintes de pneus quand ils ont revisité les lieux quelque temps après le drame. A aucun moment il n'est fait allusion à ce chemin forestier dans le dossier. Aujourd'hui, la végétation et les arbres tombés pendant la tempête du 27 décembre 1999 le cachent en grande partie.

- Dans la forêt, entre la voie ferrée et la Seine, existait alors une vieille maison de pierres en partie en ruines, très isolée; de nombreux sentiers sillonnaient le sous-bois et paraissaient très fréquentés. Mireille et Bernard avaient noté la présence de canettes vides à proximité de la maison. Etait-ce un lieu de rendez-vous? Cela n'a pas été vérifié. 

2) Heure du décès

Le rapport de police donne 3h 49 comme un fait établi pour l'heure du décès, car elle correspond à l'heure du passage d'un train dont les conducteurs ont entendu un "choc d'un son peu important mais qui a résonné dans l'essieu" de la machine. C'est à partir de cet incident que la thèse du suicide a été diffusée comme une vérité quelques heures seulement après le début de l'enquête. Le commissariat de Dammarie-les-Lys aurait informé celui de Montgeron (et la municipalité, notamment le premier adjoint)  du fait qu'il s'agissait d'un suicide, en déclarant que le "témoignage des chauffeurs de train était irréfutable". Or ces mêmes chauffeurs n'ont rien vu, quoiqu'ils aient arrêté le train et qu'ils soient remontés loin après le dernier  wagon. Ils ont rejoint le chauffeur d'un deuxième train qui, alerté, roulait à vue derrière eux, donc à moins de 30 km/h. A 18h30, soit environ 15 heures après l'heure théorique du décès, deux personnes, indépendamment, et dans le même train, ont aperçu le corps de François. Plus de 90 trains étaient passés entre-temps. L'éventualité d'un déplacement du corps de François n'a pourtant pas été examinée.

Le médecin de SOS Médecin qui a procédé au constat, n'a pas fait de prélèvements sur place, n'a pas pris non plus de température corporelle, mesures qui auraient  permis de déterminer ultérieurement l'heure du décès.

3) Constatations en contradiction avec l'hypothèse d'un choc avec un train.

Les affaires de François étaient dispersées mais non abîmées. Son sac à dos était posé de l'autre côté de la voie et un sac en plastique contenant un peu de nourriture était,  lui aussi, posé sur la piste longeant la voie à 150 mètres en allant vers Melun du côté où était le corps.

Il n’avait pas de chaussures. Deux jours plus tard, une seule de ses chaussures de toile rouge, a été découverte à 50 m entre les deux voies, presque sectionnée transversalement. L’autre n’a jamais été retrouvée, alors que les policiers avaient récupéré, le premier jour de l’enquête, le passeport perdu par un conducteur, à 290 m de là. François a donc été retrouvé en chaussettes; il est écrit dans un procès verbal qu'elles ne présentaient "aucun débris, sable, terre, élément étranger en dessous, ni dessus". Sa montre était intacte, en parfait état de marche, et le verre n'en était pas rayé. Les vêtements de François n'étaient pas déchirés (dans un "état correct" selon un PV). Notons que les descriptions données par les policiers des vêtements portés par François sont différentes d'une page à l'autre de leur rapport.

Blessures inexpliquées: François présentait une marque très nette et régulière de 2 cm de large, comme un ruban partant de la base  du cou et remontant derrière l'oreille droite sans que celle-ci soit touchée; quel choc permettrait d’expliquer cette blessure ? Le dossier n’apporte pas de réponse. Les seules blessures au visage étaient au niveau de la commissure droite des lèvres et au menton (excoriations multiples). L'autopsie révèlera seulement une fracture de la mâchoire, et pas de fracture du crâne.

Disparition du petit anneau d'argent qu'il portait à l'oreille gauche sans que celle-ci ait été blessée, ce qui aurait été le cas si l'anneau avait été arraché dans un choc. .

4) Les ongles des deux mains étaient coupés ras, alors que la veille de sa disparition, ses ongles étaient suffisamment longs pour jouer de la guitare classique. François devait avoir une audition à l'école de musique le soir même de sa disparition et participer au concours départemental le samedi suivant. 

5) Disparition des clés : Ses clés de maison n’ont jamais été retrouvées, mais ses papiers d'identité et un peu d'argent étaient intacts.   


1) La collecte des faits matériels et des indices dans l'enquête initiale du commissariat de Dammarie-les-Lys. 

Le médecin venu sur les lieux parle de défénestration; les policiers éliminent rapidement cette possibilité. Suite à  l'interrogatoire du proviseur et de trois amis de François, la thèse du suicide est privilégiée.

Le lieutenant  Lavaissière, oriente le témoignage de la fille du proviseur vers cette thèse, bien que la jeune fille exprime son incrédulité.

Un enquêteur parle du lieu de la découverte du corps comme du "coin des suicidés".

Résultat :

a)  Aucune empreinte n'a été prise. De plus, la police a détruit rapidement l’unique chaussure retrouvée, ainsi que le sac plastique et son contenu et des morceaux de papiers écrits découverts à proximité.

b) Les enquêteurs n'ont pas relevé les contradictions entre les distances données par les conducteurs du train qui aurait heurté François et les mesures faites sur les lieux. Ces contradictions plaident plutôt pour l'éventualité  d'un déplacement du corps: le corps de François n'était pas là où il a été retrouvé, quand le conducteur et son adjoint ont remonté le convoi, qu'ils ont continué sur environ 400m après le dernier wagon, et parlé au conducteur de train suivant.  Rappelons que celui-ci roulait à vue, à moins de 30 km/h et n'a rien aperçu d'anormal ni sur la voie, ni à côté.

c)  Aucune vérification des communications téléphoniques de la famille,  démarche fondamentale dans les enquêtes de police. Les parents avaient pourtant signalé dès le début un changement de comportement de François quand il téléphonait dans les jours qui ont précédé son décès.

d)  La police n’a pas identifié un individu qui est venu chez François dans l’après-midi du vendredi 23 mai, après son passage devant la commission qui l’avait interrogé sur le trafic de drogue : selon le témoignage de la femme de ménage, il y avait  eu des éclats de voix.

e) Les policiers n'ont fait aucune recherche aux alentours immédiats du lycée ("Café du lycée", "Courrier de Lyon", "Marylène"). 

f)  Bien qu’ils aient été informés par leurs collègues de Montgeron de l’interpellation de 9 élèves à l'intérieur du lycée, le 26/05/07, dans le cadre de l'affaire Eclaircy qui concernait un gros trafic de résine de cannabis, ils n'ont pas voulu envisager un lien entre cette affaire et le drame de François. Or, l'interpellation a eu lieu la veille de la disparition de François et  trois jours après son passage devant la commission spécialement créée pour lutter contre la consommation de drogue au lycée. Seul le lieutenant Leblond, au cours  du complément d'enquête, a été contraint de mener des recherches dans ce sens, mais sans avoir les moyens de pousser ses investigations.   

2) L'enquête initiale a été centrée sur des considérations sans fondement, fausses et scandaleuses, sur la personnalité de François et sur ses relations avec ses parents, à partir d'a priori psychologiques simplistes, pour étayer la seule thèse envisagée, celle du suicide.

a) Exploitation abusive d’un écrit d’adolescent  trouvé dans un cahier de textes de l'année scolaire précédente. La police a fouillé la chambre de François le mardi soir et trouvé son cahier de textes de l'année précédente; François y évoquait la mort comme le font beaucoup d'adolescents.

Pourtant, François était un garçon plein d’humour et de joie de vivre, et aucun des témoignages ne va dans le sens d’un mal de vivre.

b) Utilisation des “ conclusions ” du médecin légiste qui a “ recopié ”  (de son propre aveu) ce que le policier témoin lui soufflait sur la personnalité de François pour expliquer le suicide (note Pour l’autopsie d’une victime, la loi impose qu’un policier participant à l’enquête accompagne le corps et présente au médecin légiste le “ contexte ” du drame ).  Portrait psychologique que cet enquêteur avait déjà orienté dans son interrogatoire de la fille du proviseur mené la veille. Ces  conclusions ne sont étayées par aucun examen scientifique; d'un point de vue déontologique, elles sont  inadmissibles. Les hypothèses de travail d’un enquêteur reçoivent la caution “ scientifique ” du médecin légiste comme faits établis, alors qu’il se contente de les reprendre à son compte sans en vérifier le sérieux par un examen scientifique (voir plus loin le paragraphe intitulé “ Une autopsie insuffisante".  

3) Les compléments d'enquête menées par un seul policier du commissariat de Montgeron. Deux documents importants, un carnet d'adresses et un agenda électronique confiés à l'enquêteur par les parents disparaissent dans l'enceinte du commissariat.  

a) Le premier complément d'enquête, mené par le lieutenant Leblond  à propos des circonstances du décès de François,  conclut qu’il n’y a pas de lien entre la mort de François et l’arrestation des élèves dans l’enceinte du lycée, alors que l’objectif même des forces de police était, selon les dires du Commissaire, de provoquer des réactions “ en donnant un coup de pied dans la fourmilière ”: or, on savait au lycée que seul  François avait donné des informations exactes devant la commission du 23/5, et on l'avait averti qu'il serait  interrogé par la police.

b) Lors du 2e complément d'enquête, mené par le même policier, les parents de François lui ont donné spontanément un carnet d’adresses et un agenda électronique bloqué par un mot de passe, le 19/5/98. La déclaration n° 19/54/99 reconnaît qu’ils ont “été perdus ”, mais ne donne pas d’explications. Devant le commissaire et les parents,  le lieutenant avait déclaré que ces objets avaient sans doute été jetés à la poubelle par la femme de ménage, au commissariat.

On peut  s’interroger sur la réalité de cette “ perte ” et imaginer que ces documents comportaient des informations qu’on n’a pas voulu exploiter pour une raison inconnue.

4) Dans l'enquête conduite par le  SRPJ de Versailles, les policiers n'ont pas lancé d'investigations nouvelles, mais se sont contentés de souligner la qualité de l'enquête initiale. 

a) D'après l'enquête du SRPJ de Versailles, les parents précédemment décrits comme trop laxistes (ils ne s'étaient pas aperçus que leur fils menait une "double vie" et ils ignoraient l'existence de la drogue) passent désormais pour trop sévères :  "[ils] ont engoncé de force leur fils dans une  éducation stricte et sévère...".

b) Les policiers ne s'étonnent pas des contradictions dans les témoignages de certains élèves entre 1997 et 1999, le juge non plus; on ne relève pas, notamment, qu'en 1997, les amis et relations de François ne croyaient absolument pas au suicide, alors qu’interrogés en 1999 sur l’hypothèse d’un suicide, plusieurs répondent affirmativement.

c) Dans le même rapport d’enquête, le proviseur affirme que seul François fumait (ce que l’inspecteur général de l’EN a repris dans son rapport), alors que sa fille dit que tout le groupe fumait sauf un, et que c’est François qui tenait le joint quand ils ont été surpris (faisait-elle partie du groupe ?) Le SRPJ reconnaît que plusieurs élèves fumaient, mais ne s’interroge pas sur la version du proviseur.

d) Le SRPJ ne se pose pas de questions sur la disparition du carnet d’adresses et de l’agenda électronique, bien que cette disparition lui ait été signalée, comme si la disparition de pièces potentiellement importantes dans un commissariat n'était pas la marque de dysfonctionnements graves.

e) Le SRPJ de Versailles n’a interrogé que les membres de l’administration (3 personnes) parmi la commission de 9 adultes constituée pour interroger les élèves surpris à fumer du cannabis. Les autres, dont deux appelés du contingent (désignés par leur prénom) et quatre personnes présentées comme professeurs -stagiaires et dont le nom n’est pas donné, n’ont pas été interrogées.   

5) La Justice ne prend pas en considération un organigramme décrivant un trafic de drogue qui devait avoir lieu à la fin de juillet 1997. 

a) Les parents de François ont fourni, trois semaines après la mort de leur fils, un document peut-être essentiel pour l'enquête. Deux papiers pliés ensemble ont été trouvés dans la chambre de François et transmis à la Justice: sur l'un était dessiné un organigramme portant des dates de distribution, et sur l'autre se trouvait le numéro de téléphone d’un camarade de lycée, P.  Ce document (remis en juin 97 à la Justice) indique une arrivée à Lille de 30kg de cannabis le 28 juillet, partagé entre plusieurs villes françaises, dont 5kg pour Montgeron (le 4/08), à répartir entre Evry, Vigneux, Draveil, Yerres, Corbeil et Epinay - sous - Sénart. François était donc au courant d'un trafic de cannabis  qui s'effectuait à partir du Maroc et qui devait avoir lieu fin juillet 1997.

Ce document est resté dans un tiroir au tribunal d’Evry, suite à la mutation de la juge à qui il a été remis. L'affaire a été classée en septembre 97, sans qu’il ait été exploité et sans que les parents aient pu rencontrer le procureur, malgré leur demande.  Par la suite, ce document, considéré comme essentiel par l'avocat de la famille, a été traité par la police comme l'élément d'un jeu d'adolescents.

b) Dans le cadre d’une demande d’actes (démarche permettant d’approfondir l’instruction), l'avocat a transmis à la Justice l’identité réelle de l’un des nombreux dealers du lycée de Montgeron, un certain "Pépère" qui, nous l'avons appris, approvisionnait, entre autres, le groupe d'amis de François. Le juge a choisi de clore l'instruction.

c) L'emploi du temps de François et de ses camarades n'a pas été vérifié sérieusement entre le 21/5/97 et le 27/5/97, jour de sa disparition.

d) A propos de l'affaire "Eclaicy", ni l'enquêteur chargé de vérifier l'éventualité d'un lien avec la disparition de François, ni le SRPJ de Versailles, ni le juge n'ont véritablement exploré cette hypothèse. Pourtant, des amis de François connaissaient bien des personnes citées dans la procédure. Lorsqu'un des membres du groupe de François déclare en connaître au moins une vingtaine, la police ne lui demande pas les noms. Quand l'avocat de Mireille et Bernard, grâce à une information fournie par un membre du comité de soutien, transmet au juge l'identité d'un trafiquant surnommé "Pépère" souvent évoqué au cours de l'enquête, sa demande d'actes est rejetée: "Pépère", dealer reconnu, n'intéresse pas.

 

A)  Autopsie du 29/5/97 à 11H à Paris (Institut Médico-Légal)   

1) Failles dans les constations

a)  Heure du décès non déterminée.

b)  Pas d'analyse stomacale.

c)  Le corps a-t-il été déplacé après le décès ? Non vérifié.

d) Blessure particulière au cou remarquée le jour de l’inhumation par plusieurs témoins qui ont écrit à la justice pour en faire état : marque très nette et régulière de 2cm de large allant du cou jusqu'à l'arrière de l'oreille droite sans que celle-ci soit blessée. Non expliquée. Peu compatible avec l'hypothèse d'un choc avec un train. 

2) Anomalies du rapport d’autopsie et manque d’objectivité scientifique du médecin légiste : Le médecin légiste accepte de mettre dans son rapport comme des vérités établies, les affirmations non fondées du policier témoin  censé lui donner le “ contexte ” : François est "un jeune homme tourmenté". 

a) Alors que François avait toujours les ongles longs pour jouer de la guitare classique (il avait une audition le soir même à l’Ecole de Musique), le médecin légiste renforce le côté tourmenté en parlant d’onychophagie parce que François a été retrouvé avec tous ses ongles ras : autre point mystérieux. François ne s’était jamais rongé les ongles, et on ne devient pas onychophage d’un coup. Un examen plus attentif aurait certainement  permis au médecin légiste de ne pas confondre des ongles rongés et des ongles coupés ras (par lui-même ou comme punition ?)

b) Puisque François portait les cheveux longs, le policier témoin avait envisagé l'hypothèse d'un "crime dans le milieu homosexuel". Cette orientation, que le SRPJ de Versailles appellera en 2000 un "malentendu", a eu un effet négatif sur l'enquête et a transformé un adolescent heureux et plein d'allant, en un garçon renfermé, torturé et craignant de confier ses problèmes à ses parents, et donc prêt au suicide.

c) Les analyses en laboratoire des prélèvements faits par le médecin  légiste  montrent que François ne présentait aucune trace de THC (cannabis). L'affirmation du médecin, selon laquelle François aurait été un "usager du cannabis" ne s'appuie  que sur les dires du policier témoin lui parlant du passage de François devant la commission dite de suivi après qu’il eut été surpris  un joint à la main avec un groupe d’amis. L'absence de traces mesurables, moins de huit jours après le décès montre bien qu’il s’agissait d’un fumeur occasionnel. Un de ses camarades redira plus tard que François fumait  rarement .

d) Le médecin légiste fait référence au cahier de textes de l’année précédente,1995-1996, où il est question de "balle ayant atteint  mon centre nerveux cervical..." Cette phrase a été enlevée de son contexte par le policier témoin qui en tire l'idée du suicide comme seule cause possible de la mort. 

Malgré ces anomalies criantes, Madame la Juge d'Instruction chargée du dossier à l'époque, n'a pas été convaincue d’accéder à la demande des parents qui, par lettre du 2 mai 1998, voulaient une nouvelle expertise médico-légale.   

 

B)  Rapport d'expertise demandé par le juge d'instruction   

Trois ans après la première enquête, le SRPJ de Versailles demande à des experts d’expliquer les blessures en présentant un scénario plausible. 

Leur expertise s’est limitée à faire une relecture du dossier et à essayer de rendre acceptables les aberrations du rapport du médecin légiste, tout en laissant ouverte la possibilité d’un accident.
Leurs conclusions appuyées sur les photos des pare-chocs des motrices ne tiennent pas compte de la hauteur du ballast particulièrement important à cet endroit. Ils affirment pourtant que François était obligé de monter sur ce ballast pour passer, alors qu’il y avait un chemin praticable le long de la voie. C'est nier la réalité, mais ni les experts médecins, ni le juge ne se sont déplacés pour aller sur les lieux, à 3 km seulement du Palais de justice de Melun.

Nous avons soumis le rapport de la dernière expertise et le rapport d'autopsie initial à deux médecins : pour eux ce nouveau scénario est incohérent et n'explique pas l'emplacement des blessures principales décrites par le médecin légiste.   


La fille du proviseur était parmi les amis proches de François. Son père n'a pas adopté, apparemment, un rôle neutre dans la recherche de la vérité, puisqu'il disposait, semble-t-il, d'informations qu'il n'a  jugé bon de transmettre ni à la police ni aux parents de François; il n'a pas hésité à transformer la vérité devant sa hiérarchie. 

a)  Absence de vérification de l'assiduité des élèves entre le 20 et le 26/5 et des raisons des absences. Le proviseur a  refusé de communiquer les fichiers d'absence des élèves aussi bien à la police qu'aux parents.     

b) Les noms de tous les élèves présents dans le studio vidéo n’ont jamais été fournis. Que s'y est-il passé exactement ? Pourquoi certains des participants ne voulaient-il pas reconnaître qu'ils étaient dans  le studio vidéo? Le film dure 5 minutes et les élèves sont restés près d'une heure et demie.

c) Pourquoi la fille du proviseur a-t-elle attendu un an après les faits, pour révéler l'identité de l'individu qui s'était échappé( "Goofy") et  qui avait apporté le cannabis le 21 mai 1997?

d) En juin 1997, le proviseur a-t-il  informé la police de Dammarie-les-Lys de ce qui s'était passé dans son lycée? Il n'aurait apporté que des renseignements déjà connus de la police, selon le commissaire Hazdai et le lieutenant Leblond.

e) Le proviseur paraît aussi avoir été très réticent dans la communication avec les parents de François. Par exemple, il n'a pas voulu revenir sur les événements qui ont précédé la disparition de leur fils; il est allé jusqu’à refuser de leur remettre le bulletin scolaire du 3ème trimestre. Il s'est toujours abstenu de donner des informations sur la commission de suivi, et il  aura fallu aux parents attendre deux ans pour savoir qu'il y avait neuf personnes présentes dans cette commission ce jour-là, sans qu’ils aient pu connaître les noms de toutes les personnes présentes. Ils n’ont jamais pu obtenir les documents administratifs qui réglementaient cette commission.

Le rapport écrit sur l'interrogatoire des élèves du 23/5 révèle que seul François a dit la vérité, notamment lorsqu'il a indiqué qu'il connaissait le jeune qui s'était  enfui, surnommé "Goofy". Pourquoi le proviseur a-t-il gardé ce rapport?

f) En réponse à la demande d'explication du Recteur, le proviseur ne parle pas  dans sa  lettre (de septembre 1997) de l'individu qui était entré en cachette dans le lycée, qui y avait introduit le cannabis, qui fumait avec les autres et qui s'était enfui  (c'était un ami de sa fille).  Il modifie les heures de la réunion dans la classe vidéo (Il  fait coïncider la durée de la réunion avec la récréation de 10h30 à 10h45 au lieu de reconnaître qu'elle s'est déroulée de 10h30 à 12h/12h30); Il fausse la vérité  en insistant bien sur le fait que seul François fumait. Il laisse supposer que les parents ne  surveillaient pas leur fils. Tous ces propos sont entourés de beaucoup de compassion apparente; le proviseur laisse entendre qu'il a tout fait pour aider la famille et qu'il cherche encore à l'aider. La vérité est qu'il a évité tout contact avec les parents et qu'il a reculé jusqu'au 19/6/97 la réunion destinée à les informer, réunion où il a observé le silence. Pourtant, il connaissait bien la mère de François, puisqu'elle avait été enseignante au lycée pendant dix-huit années, dont deux sous son autorité.

g) Le cahier où sont rassemblés tous les rapports avec les   noms  des élèves pris à "fumer" au cours de l'année 1996/1997 renfermait   25 noms selon l'Inspecteur général ( dans le rapport du 10/4/98) et 19, selon Mme  Zanaret, nouveau proviseur, (au cours de l'entretien avec la présidente de l'Association et les parents de François, le 29/10/99) : pourquoi cette différence de six élèves? 

Pour protéger l'institution, les responsables concernés n'ont pas voulu que soit pris en compte le contexte lycéen, ce qui a permis de détourner l'enquête.   

Plus de 10 ans après, seule la recherche de la vérité nous guide

Un non-lieu a été rendu. Les demandes d'actes ont été refusées. L'appel a été rejeté.

On a imposé la thèse du suicide : après quatre années de combat des parents, en 2000, le SRPJ de Versailles a concédé qu'il pourrait s'agir d'un accident. Aucun argument  sérieux  n'a été avancé par les experts. L’affaire  a été définitivement classée le 13 décembre 2001.

Nulle part dans le dossier n'ont  été envisagés le règlement  de comptes ou l'acte criminel

Les parents de François, tout comme chaque membre du comité de soutien, persistent à affirmer  qu’ils ne rejettent aucune possibilité. Seule la vérité nous guide. Nous restons convaincus que la recherche de la vérité passe par un travail honnête et rigoureux, sans a priori ni conclusions hâtives. Nous ne pouvons nous contenter d’une thèse élaborée en sollicitant les faits, puis imposée à tout prix. Telle est la raison de notre combat.

 Nous avons une conviction : toutes les hypothèses envisagées ont un lien avec le trafic de drogue au lycée de Montgeron

Bernard et Mireille ont sans doute eu la naïveté de croire, puisque François donnait toute satisfaction aussi bien au lycée qu’à la maison, que les histoires de drogue, les rackets, les règlements de compte n’arrivaient qu’aux autres. 

C’est dans le  lycée que François a rencontré ceux qu’il ne fallait pas rencontrer et qui y menaient leur trafic en toute impunité. 

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